CHOIX ET UTILISATION DES SET-POINTS
DE PPO2 EN CIRCUIT FERMÉ
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Le texte en anglais est plus complet. |
| Je remercie Ghassem Gheissary de m'avoir expliqué l'essentiel des données que je rapporte dans cette page et auquel je dois le plaisir que m'apporte l'utilisation raisonnée d'un circuit fermé. Que cette page soit un témoignage de ma reconnaissance. |
| Les idées énoncées dans ces pages ne sont que le fruit de l'enseignement que j'ai reçu et de ma réflexion personnelle, alimentée par celle d'autres plongeurs. Elles sont certainement entâchées d'erreur et ne doivent pas être utilisées sans l'enseignement théorique et pratique d'un instructeur de plongée en circuit fermé. | ||||||||||||||
| Choix du set-point initial (surface) | ||||||||||||||
| Ce paramètre est souvent négligé et pourtant son importance est cruciale pour l'obtention d'une PpO2 raisonnable en fin de descente. Le calcul de la PpO2 en fin de descente est souvent ignoré ou mal compris ( voir la page Inquiétant !) et ceci est une source potentielle importante d'accidents graves. | ||||||||||||||
| Le tableau III illustre la variation de la PpO2 pendant une descente avec de l'air comme diluant et un set-point de départ à 0,7 bar (valeur par défaut de l'Inspiration). Le rôle important joué par le set-point initial et celui de la fraction d'oxygène injecté avec le diluant sont figurés par la couleur jaune. | ||||||||||||||
Prof |
Oxygène rajouté / Pression rajoutée |
P amb | compteur PpO2 |
FiO2 |
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| surface | 0,7 b |
1 b |
1 b | 0,7 b | 70 % | ||||
| 10 m | 0,21 b |
+ 1 b |
2 b | + 0,21 = 0,91 b | 46 % | ||||
| 20 m | 0,21 b |
+ 1 b |
3 b | + 0,21 = 1,12 b | 37 % | ||||
| 30 m | 0,21 b |
+ 1 b |
4 b | + 0,21 = 1,33 b | 33 % | ||||
| 40 m | 0,21 b |
+ 1 b |
5 b | + 0,21 = 1,54 b | 31 % | ||||
| 50 m | 0,21 b |
+ 1 b |
6 b | + 0,21 = 1,75 b | 29 % | ||||
| 60 m | 0,21 b | + 1 b |
7 b | + 0,21 = 1,96 b | 28 % | ||||
Tableau III : PpO2 pendant une descente à l'air |
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| On constate donc qu'au-delà de 30 mètres, dans ces conditions "standard", le risque d'obtenir une PpO2 trop élevée en arrivant au fond est réel. Si le set-point initial est diminué à 0,5 bar, la zone des quarante mètres devient plus sûre puisque la PpO2 en fin de descente devient 1,34 bar. La quantité d'oxygène consommé par le plongeur pendant la descente réduit peu la quantité totale d'oxygéne dans le circuit. En revanche, un diluant-flush est efficace et permet de descendre un peu plus bas. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Effet d'un "diluant flush " | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le diluant flush "purge" le mélange respiré dans le circuit et le remplace par du diluant. La technique doit être parfaite. Le compteur PpO2 est donc remis à zéro, ou plutôt à la valeur de la PpO2 du diluant respiré à la profondeur du rinçage, comme si le plongeur respirait le diluant en circuit ouvert. Le circuit est ainsi débarrassé de l'excès relatif de PpO2 présent dans le mélange de surface. Cette manoeuvre doit être réalisée suffisamment tôt pendant la descente pour ne pas risquer d'atteindre une PpO2 trop élevée au fond ou même plus tôt. Elle doit être répétée au fond par sécurité. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| On constate sur le tableau qu'une fois le rinçage au
diluant effectué, la PpO2 suit pendant la descente la
valeur qu'elle aurait en circuit ouvert à l'air. Le rinçage
supprime l'excès relatif en oxygène dans le circuit au
départ. Il procure également deux autres bénéfices
majeurs. Le rinçage débarrasse le circuit du gaz
carbonique produit par les efforts de mise à l'eau et de
descente. Lors d'une plongée au trimix, il permet également
d'évacuer les gaz neutres du diluant de surface (azote
de l'air le plus souvent) et de les remplacer par le mélange
du diluant de fond ( riche en hélium) pour éviter une
narcose. Ce rinçage effectué ici de façon préventive
procure les mêmes avantages "curatifs" dans
des situations potentiellement dangereuses : On perçoit ici l' importance vitale du choix d'un bon diluant de fond . |
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| Les descentes en escalier | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ce type de descente par plateaux successifs peut
conduire à une élévation menaçante de la PpO2. En
effet, imaginez que vous vous stabilisiez à 20 mètres
pour faire une plongée sur le haut d'une épave et qu'au
"fond" vous passiez sur le high set-point que
vous avez fixé à 1,3 bar. Après dix minutes vous décidez
finalement de descendre sur le sable à 40 mètres. Vous
n'atteindrez peut être pas le fond ... Avec un diluant air vous allez rajouter 2 bar (les 20 mètres de différence) x 21 % soit 0,42 bar d'oxygène et atteindre au fond la PpO2 de 1,3 d'origine + 0,42 rajouté,soit 1,72 bar. Certes la FiO2 diminue par dilution du mélange avec de l'air, mais la PpO2 augmente pendant la descente. Voilà donc une autre raison de conserver un set-point de fond autour de 1,0 bar. Cette valeur vous laisse une marge suffisante vers l'hypoxie (0,16 bar) et vous protège bien mieux de l'hyperoxie (1,6 bar). |
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| Deux manoeuvres dangereuses pendant la descente | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Injection manuelle d'oxygène | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nous l'avons vu la PpO2 augmente suffisament pendant la descente simplement en injectant du diluant pour conserver un volume respirable dans le circuit. La valeur de la PpO2 obtenue en fin de descente avoisine donc les valeurs raisonnables de PpO2 de fond (1,0 à 1,3 bar). Il n'est donc pas utile d'injecter de l'oxygène pendant la descente; cette manoeuvre est même extrêmement dangereuse et certains plongeurs en circuit fermé ferme leur bouteille d'oxygène pendant la descente pour ne l'ouvrir qu'une fois au fond. Ceci ne me paraît pas indispensable et expose à d'autres soucis potentiels. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Switch trop précoce sur le set-point de fond | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Puisque la simple injection de diluant pendant la descente permet d'obtenir une PpO2 satisfaisante pour le fond, il n'est pas utile et même dangereux de passer à un set-point de fond pendant la descente. Cette manoeuvre peut avoir le même effet que l'injection manuelle d'oxygène et faire monter dangereusement la PpO2. Le plongeur se retrouve dans la situation de la descente en escalier avec une PpO2 intermédiaire plus élevée qu'en cas de descente directe sans switch. Le switch sur le "high set-point" (set-point de fond) ne doit se faire qu'une fois arrivé au fond, dans le calme, sans urgence, et ne devrait pas conduire à une injection automatique d'oxygène par le solénoïde puisque la PpO2 résultante de la fin de la descente avoisine la PpO2 de fond. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ainsi une PpO2 trop élevée
en arrivant au fond peut résulter : - d'un set-point initial trop élevé; - d'un diluant trop riche en oxygène (mélange mal calculé ou non vérifié); - d'une injection manuelle d'oxygène pendant la descente; - d'un switch trop précoce sur le high set-point; - d'une descente en escalier; - et en dernière hypothèse d'un mauvais fonctionnement du solénoïde. |
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| Choix du set-point de fond | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Facteur oxygène : effet nitrox | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| L'hyperoxie, aigüe ou chronique, limite
la profondeur d'utilisation du diluant. Ainsi en plongée
loisir est-il fortement recommandé de ne pas dépasser 1,45
bar de PpO2 pour le mélange fond et 1,6 bar de PpO2
pendant les paliers de décompression au repos. Ces
valeurs doivent être corrigées largement à la baisse
si les plongées sont longues ou difficiles (eau froide,
courant, effort, ... ). Avec un circuit fermé, la sécurité
doit être encore augmentée car l'injection automatique
ou manuelle d'oxygène peut occasionner une poche d'oxygéne
qui se mélange mal au volume gazeux du circuit
respiratoire et peut alors ponctuellement élever la PpO2
de façon significative. L'avantage théorique d'une PpO2
élevée au fond est de permettre une réduction du temps
de la décompression en diminuant la proportion de gaz
neutre dans le diluant (FiN2 et/ou FiHe). Cet effet pourrait donc être surtout utile lors des plongées profondes (au delà de 70 mètres), mais à ces profondeurs l'élévation de la PpO2 de 1,0 à 1,3 et même 1,4 bar ne permet qu'une augmentation faible de la FiO2 (quelques pourcents, voir le tableau I) et la réduction parallèle de diluant a donc peu de conséquences bénéfiques sur le temps des paliers. En revanche, ce passage de 1,0 à 1,3 bar voire au-delà, réduit considérablement et dangereusement la marge de sécurité vers l'hyperoxie qui peut se manifester de façon fatale dès 1,6 bar et parfois plus tôt. A méditer : les plongeurs militaires qui pratiquent des plongées longues en circuit fermé et ont de bonnes raisons de sortir de l'eau "rapidement", utilisent une PpO2 de 0,7 bar pendant toutes les phases de leurs plongées (voir les tables circuit fermé du manuel US Navy Diving Manual rev. 4). |
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| Facteur diluant : la profondeur seuil | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| L'azote intervient par l'intermédiaire
de la profondeur équivalente à l'air qui correspond à
sa pression partielle respirée. Avec de l'air comme
diluant, tant que la PpO2 de l'air injecté dans le
circuit est inférieure au set-point fixé, de l'oxygène
est ajouté automatiquement (ou manuellement) pour
atteindre le set-point et le plongeur respire donc un mélange
enrichi en oxygène : un nitrox.
Dans cette situation la profondeur équivalente à l'air
est inférieure à la profondeur réelle, comme avec un
nitrox en circuit ouvert, mais en circuit fermé le
contenu en oxygène du mélange respiré change
constamment avec la profondeur pour maintenir la PpO2
constante. Arrivé à la profondeur seuil, c'est-à-dire à la profondeur à laquelle la PpO2 du diluant égale la valeur du set-point, le mélange respiré est directement du diluant, sans adjonction d'oxygène. La profondeur équivalente à l'air égale la profondeur réelle. Le tableau II donne la profondeur seuil en fonction du set-point. Si le plongeur continue sa descente au delà de cette profondeur, la PpO2 fournie par le diluant va dépasser celle fixée par le set-point. La constance de la PpO2 va être grossièrement maintenue par la consommation d'oxygène par le plongeur. Le mélange respiré va donc s'appauvrir en oxygène et parallèlement s'enrichir en azote. Le mélange respiré devient plus riche en azote que le diluant. Avec de l'air comme diluant, on obtient un "nitrogen enriched air" et la profondeur équivalente à l'air dépasse la profondeur réelle, avec des conséquences néfastes sur la narcose et la décompression. Le problème se pose différemment avec un diluant trimix ou héliox. L'enrichissement en gaz neutres du mélange respiré par rapport au diluant au-delà de la profondeur seuil reste vraie, avec des conséquences néfastes sur la saturation et la décompression. Mais selon la composition du trimix en azote et hélium, la profondeur équivalente à l'air peut rester inférieure à la profondeur réelle. Avec un diluant héliox la profondeur équivalente à l'air est bien sûr toujours égale à zéro. Au-delà de la profondeur seuil, la PpO2 va augmenter lors de l'admission (automatique ou manuelle) de diluant dans le circuit et peut s'approcher de valeurs dangereuses. Par ailleurs, un rinçage au diluant sera incapable de faire baisser efficacement la PpO2 du circuit en cas d'élévation dangereuse de sa valeur. Cette situation est donc fortement déconseillée. |
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| Set-point | 0.5 |
0.6 |
0.7 |
0.8 |
0.9 |
1.0 |
1.1 |
1.2 |
1.3 |
1.4 |
1.5 |
1.6 |
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| Profondeur seuil | 14 m |
18 m |
23 m |
28 m |
33 m |
37 m |
42 m |
47 m |
52 m |
56 m |
61 m |
66 m |
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Tableau II |
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| Choix du set-point de décompression | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le choix du set-point de décompression
est beaucoup plus simple. Dans les conditions idéales prévues
lors de la planification de la plongée, la décompression
s'effectue au pendeur, sans aucun effort. Il est alors,
à mon avis, raisonnable d'envisager d'élever la PpO2
pour améliorer et accélérer la décompresion. J'ai
l'habitude quand ces conditions sont réalisées de
pousser le set-point à 1,3 bar. Une fois à 6 mètres,
j'effectue régulièrement des rinçages à l'oxygène
pour rester autour de 1,5 bar. Si les conditions idéales
ne sont pas remplies (déco dans le courant, en palmant,
... ), je conserve ma PpO2 de 1,3 bar à 6 métres voire
de 1,0 bar pendant toute le remontée. Autre méditation : certains plongeurs conservent systématiquement une valeur de 1,0 bar pendant la déco car il a été montré que les valeurs plus élevées de PpO2 peuvent altèrer les fonctions ventilatoires et circulatoires et ainsi nuire en fait à une bonne décompression. |
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| Stéphane Havard. Mise à jour : août 2002. |
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