Le COOLPIX 5000 dans un caisson SUBAL CP5

 

Je ne suis pas un grand spécialiste en photographie sous-marine ni en photographie numérique. Ma seule expérience se limite à quelques pellicules aux Roques et aux Aves il y a 20 ans avec un Nikonos III. Plongeur cependant depuis plus de vingt-cinq ans, heureux possesseur et utilisateur terrestre d’un bijou qui s’appelle Nikon Coolpix 5000 depuis deux ans, j’ai éprouvé le besoin impulsif de l’immerger. Raptus incontrôlable qui m’a contraint à éplucher toutes les offres d’e-bay pendant des mois, à la recherche de l’écrin ad hoc pour protéger mon bijou de l’humidité des fonds marins. La rareté de la chose m’a laissé le temps de réfléchir aux différents problèmes posés par l’utilisation sous-marine d’un photoscope. Je vous fais part ici de mes réflexions et de mes premiers résultats.
Avant tout il faut noter que Nikon a grandement amélioré les capacités sous-marines du Coolpix 5000 avec le firmware 1.7 : le retard au déclenchement est comparable à celui d’un appareil à rideau, le format RAW est disponible et le flash interne peut être supprimé.

 

 

BAHAMAS 2004 PHOTOS

 
PHOTOS 1 PHOTOS 2 PHOTOS 3 PHOTOS 4 PHOTOS 5

 

SARDINIA 2004

PHOTOS 1 PHOTOS 2

 

 

L’optique impose le caisson.

L’objectif Nikon d’origine a la qualité de la marque et l’avantage sous-marin de commencer son empan de focale à 28 mm (28 – 85 mm en équivalent 24x36) : c’est déjà un grand angle ! De plus les compléments optiques disponibles sont de qualité exceptionnelle et vendus sur e-bay pour une centaine d’euros! Un fish-eye Nikon 8 mm dont vous avez toujours rêvé pour 100 €, pourquoi se priver ? De même, le complément x 0,68 transforme votre 28-85 en un 19-58 pour le même prix. J’ai donc commencé par acquérir ces optiques auprès de propriétaires américains qui voulaient s’en séparer et sans aucune difficulté elles sont parvenues à mon domicile, délivrées par ma postière habituelle. Quelques jours de tests terrestres m’ont convaincu du bien fondé de mon désir d’immerger ces pures merveilles nippones. Pour en profiter pleinement il me fallait absolument trouver un caisson qui puisse accepter un dôme.

Un premier caisson, Aquatica, m’a échappé pour un tiers de son prix neuf car les enchères se sont poursuivies aux USA bien après que je me sois endormi … J’ai donc cherché en France et en discutant avec l’importateur Subal pour qu’il m’aide à trouver un caisson CP5 d’occasion, il a fini par me vendre le sien (www.sea-cruise.net)! Merci Mike ! Je lui ai donc commandé dans la foulée le dôme grand-angle et un flash Inon Z 220 avec son cordon Sea & Sea. Je fixais le flash sur un bras Ultra-Light pris sur mon caisson vidéo.

La faible durée des batteries

La batterie EN-L1 d’origine a une capacité de 680 mAh. Cela permet une utilisation continue de l’appareil pendant environ 1H30 avec le moniteur ouvert, le flash interne débrayé et la mise au point uniquement à la pression du déclencheur. C’est suffisant pour une plongée standard mais insuffisant pour passer une journée de deux ou trois plongées sur un bateau humide sans avoir à ouvrir le caisson et c’est également insuffisant pour les plongées avec deux à trois heures d’immersion. La poignée avec les piles, indispensable sur terre, est bien trop volumineuse pour trouver sa place dans le caisson. J’ai trouvé deux solutions que j’ai associées.

Tout d’abord il existe dans le commerce (e-bay encore) des batteries « longue durée » de 900 mAh de même taille que la batterie EN-L1 d’origine. J’en ai donc achetée deux qui permettent chacune environ 2H d’utilisation continue. Ensuite j’ai bricolé une connexion (voir la photo) qui permet de relier une de ces batteries à l’entrée DC sur le côté de l’appareil. J’ai donc deux batteries qui alimentent le boîtier, une interne à sa place normale et une externe. L’autonomie commence à être suffisante. La batterie externe trouve parfaitement sa place dans le caisson, derrière le moniteur déployé : un autre avantage « non officiel » du caisson Subal CP5. Vous trouverez également sur e-bay des batteries très longues durée (6 à 8H) mais leurs dimensions ne permettent pas de les loger dans le caisson.

Le choix du flash et la question du TTL

J’ai passé des heures à éplucher (presque) tout ce qui a été écrit sur internet à propos de la mesure TTL par les appareils numériques. J’étais arrivé à la conclusion décevante que je n’allais pas résoudre la quadrature du cercle et que je ferai comme indiqué dans beaucoup de sites : de l’exposition manuelle. Le TTL fonctionnant mal ou pas du tout avec les appareils photo numériques, en tout cas sous-marins, je m’apprêtais donc à passer des heures d’essai sous l’eau avant de sortir une photo montrable aux copains .Avant de m’immerger j’ai introduit dans l’orifice de gauche de la face arrière du flash le petit aimant fourni par Inon, selon les instructions que j’avais comprises sur le manuel à propos des appareils de la marque Nikon mis dans un caisson. Cette rusticité m’apparu louche.

Et pourtant, lors de ma première séance de photos sous-marines en piscine avec ma fille comme modèle, je me suis aperçu que lorsque je réglais le flash sur TTL, les photos étaient parfaitement exposées et que lors des secondes qui suivaient l’émission du flash, celui-ci émettait un buzzer et une lumière verte s’allumait. Je me suis précipité sur le manuel du flash : tout ceci signifiait que la mesure TTL de l’exposition avait été possible et correctement effectuée ! Je n’en revenais pas  Il me restait à faire mes premières armes en mer afin d’améliorer ces premiers résultats.

Les réglages

Vous trouverez donc mes premières photos sur les pages Bahamas 2004. Ne cherchez-pas de photos avec le fish-eye, j’avais oublié la bague adaptatrice (sans commentaires merci). Le flash fonctionne assez bien en TTL. Sur les sujets calmes le réglage manuel de l’intensité du flash peut permettre une meilleure colorisation des images. Il faut cependant dans tous les cas corriger l’exposition sur le Coolpix avec le petit bouton à droite sur le haut de l’appareil  (+/-) : entre – 2 IL pour les macros et – 1 IL pour les photos à distance. L’utilisation du programme automatique (P) permet de très bons résultats mais là encore le mode manuel complet ( M ) pour la vitesse et le diaphragme peut permettre une meilleure saisie des couleurs.

Mes principaux problèmes

Sur les sujets très mobiles qui ont tendance à s’approcher vite de vous (requins sur plongeur en circuit fermé … ) la mise au point automatique est impossible. Il faut donc estimer la distance de passage, fermer le diaphragme (mode A) au maximum pour augmenter la profondeur de champ et espérer que la bête passera à la bonne distance. Je n’ai pas eu un grand succès, mon estimation des distances sous-marines doit être mauvaise. Il doit être possible de fixer la distance de MAP à l’hyperfocale mais je ne l’ai pas trouvée.

Dans les ambiances sombres (épaves), là aussi la mise au point est difficile et la petite lampe pilote de l’Inon n’aide pas beaucoup dès que le sujet est un peu éloigné.

Le rendu des couleurs est très différent d’un ordinateur à l’autre, c’est un vrai casse tête.

Tout commentaire est bienvenu.

Bonnes plongées.

 

Stéphane Havard

Août 2004.

En profondeur

J'ai testé le caisson en septembre 2004 lors de l'expédition Sardinia 2004. Il est donné pour 70 mètres mais au-delà de 55 mètres, le bouton de déclenchement ne revient pas régulièrement et il faut éteindre puis rallumer l'appareil pour le libérer. Au delà de 60  mètres les poussoirs sont tous enfoncés et donc inutilisables. A 90 mètres le tout est parfaitement étanche mais non fonctionnel.

Octobre 2004.

 

 

BAHAMAS 2004 PHOTOS

 
PHOTOS 1 PHOTOS 2 PHOTOS 3 PHOTOS 4 PHOTOS 5

 

SARDINIA 2004 PHOTOS 1 PHOTOS 2

 

  BACK TO  
HOME - ACCUEIL WRECKS LIST REBREATHER