|
|
|||
|
Petite plongée entre amis : l’avion du Lac du Bourget
Le Bourget Du Lac - Octobre 2005 |
|
||
|
|
FW 58 C PHOTOS 1 | FW 58 C PHOTOS 2 | FW 58 C ARCHIVES |
|
Téléchargez la VIDEO |
|||
| © Texte et photos : Stéphane Havard | |||
|
Fin octobre 2005, coup de téléphone à Philippe Cathiard chez Savoie Plongée : - Salut Philippe, tout baigne ? - Plutôt bien j’ai pas mal bossé depuis le retour de Sardaigne, et toi ? - En pleine forme ! Que fais-tu pendant les vacances de Toussaint ? - Rien de spécial, j’ai quelques sorties prévues les matins au Lac et des baptêmes. Et oui, incroyable mais vrai, j’ai plus de baptêmes cette année en octobre qu’en août ! Pourquoi tu veux descendre ? - Tu as toujours les points GPS de l’avion sur 110m ? - Oui, mais je n’ai plus de sondeur. - T’inquiète, je viens avec le mien.
Deux jours plus tard, sous un soleil estival, en un point précis du Lac du Bourget : - Y’a rien ! 115 m de flotte verte au dessus d’un désert de vase ! Je t'emmène aux Meuniers si tu veux ? - Pas de panique ça ne fait que 15 minutes qu’on s’arrache les yeux sur le sondeur. On change de système géodésique sur le GPS pour voir.
Dix minutes plus tard, sous le même soleil mais sur un autre point précis du même Lac : - Il est là ! - T’es sûr ? - Je connais bien mon sondeur ! Regarde. Le fond à 113m et une autre belle ligne d’écho qui remonte de près de dix mètres au dessus du fond ! Et au GPS on est quasiment sur les points que t’a donnés la société Hydrokarst qui a filmé l’épave en 1993 avec un robot. Que veux-tu que ça soit ? Je te dis qu’il est là. Y a plus qu’à descendre. Mouille !
Re dix minutes plus tard. Les deux même sur le bateau : - L’écho est toujours sous le bateau. Y’en a même un deuxième important à environ 5 mètres du fond. On y va. Prépare l’oxy à 6 mètres au cas où ! En attendant je marque des points sur nos GPS respectifs. - OK Stéphane. Je t’aide à t’équiper, tu te mets dans l’eau et je te passe la caméra, puis tu m’aideras à finir de m’équiper quand je serai dans l’eau.
Nous y sommes pour de bon. Tous les deux dans l’eau, le ciel bleu et quelques goélands égarés veillent sur le bateau. Cela fait un an que Philippe nous parle de cet avion sans avoir pour l’instant les partenaires pour descendre avec lui. Je connais bien Philippe ; nous avons plongé ensemble en circuit fermé à deux reprises sur les épaves profondes du sud de la Sardaigne (Sardinia 2004, Sardinia 2005) et nous avons organisé ensemble au printemps la semaine circuit fermé dans les lacs de Savoie. C’est un plongeur hors pairs, d’un calme et d’une fiabilité à toute épreuve. Je suis content de descendre avec lui à cette profondeur. Le Lac c’est son domaine, son terrain de jeu, pas le mien et il y a formé beaucoup de plongeurs trimix. De plus avec la caméra et les phares dans les mains je ne peux m’occuper quasiment de rien d’autre, il est donc confortable et rassurant de descendre en toute sérénité avec des plongeurs de cette qualité.
Le bout est vertical. L’eau est verte glauque jusqu’à 30 mètres avec une thermocline violente vers 22 mètres. Au-delà c’est le noir absolu et le grand froid. Arrivés à quatre-vingt dix mètres nous ralentissons notre descente. Nous n’avons en effet aucune idée de ce que nous allons trouver au fond et aucune envie de nous écraser dans un vieux filet en pelote. La bonne fortune des premières fois nous sourit : le bout de mouillage descend le long du fuselage et serpente sur une aile qu’après quelques instants nécessaires à l'orientation nous repérons comme l’aile gauche ! Un pur bonheur. Des cris de satisfaction résonnent dans les tuyaux annelés de nos circuits fermés. Avec nos diluants 10/70 la lucidité est parfaite malgré la profondeur, le froid, l’obscurité et l’ambiance de cimetière en pleine nuit d'orage. Les VR3 indiquent 108 m alors que le profondimètre gradué en eau douce annonce 111m.
Puis commence le ballet habituel autour des avions immergés avec la particularité qu’à celui ci d’être planté debout le nez bien enfoncé dans la vase jusqu’au cockpit, légèrement penché sur le ventre. Le double jeu de commande semble en effet sortir du fond du lac. Puis je remonte doucement pendant que Philippe s’assure que le mouillage ne se prendra pas dans l’épave lors de sa remontée. Au dessus de l’habitacle, un mât vertical qui tendait une antenne filaire fixée à l'empennage et une antenne ronde de gonio, puis nous arrivons sur les ailes. Près du fuselage, le revêtement de toile sur l’aile gauche se détache en lambeaux. Plus loin il est assez bien conservé. Sur sa face ventrale on aperçoit un E. La roue gauche est rentrée dans son carénage sous l’aile. De l’autre côté l’aile droite est en assez bon état. Une croix de la Luftwaffe noire bordée de blanc se distingue sur sa face dorsale. La même croix sur la face ventrale se détache en lambeaux. La roue droite est posée sur le fond, au pied de l’aile. Pas de moteur visible ni d’hélice. Sous l'habitacle, entre les deux roues, une petite hélice de dynamo pend vers le fond. Le revêtement du fuselage a complètement disparu et il ne reste que l’ossature de tringles métalliques jusqu’à l’empennage qui a conservé son aspect d’origine avec une croix gammée bien visible de chaque côté de la gouverne de direction. Des inscriptions en allemand sont lisibles sur les ailes et près d’un anneau de fixation au sol sur l’extrémité arrière du fuselage. Philippe a trouvé deux plaques d’identification rivetées sur le fuselage arrière. Sur le sol autour de l’avion pas de débris. Dans la vase ? Nous n’avons pas cherché…
Cette première plongée exploratrice va durer seulement dix-sept minutes ce qui nous vaudra une centaine de minutes de décompression. Profitant des conditions climatiques exceptionnelles nous y retournons le lendemain, toujours tous les deux, pour 20 minutes au fond et près de 120 minutes de déco. Je n’ai jamais eu aussi mal aux mains à cause du froid, heureusement vers 20 mètres l’eau dégèle … Nous rapportons au total 22 minutes de film. D’après Philippe un moteur est immergé plus loin sur un autre point GPS. Je ne suis pas sûr de descendre à cette profondeur juste pour un moteur … |
|||
|
Historique et autres photos : |
Club de Plongée d'Aix-Les-Bains | |
|
|
||
|
également : |
team NPSFQQA | |
| Remerciements à Jean-Marc Blache et Jérome Mazier pour les précisions historiques et les éléments de connaissance technique de cet avion qu'ils ont réunis et dont il nous ont fait part. |
För det är inte svårt att göra hemmet rätt
http://görditthemrätt.se