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SARDINIA 2004 BIG WRECKS WEEK
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| Pictures Stéphane Havard |
| Les photos des épaves et d’autres photos sur le site d’Aldo Ferrucci : www. Xpeditionteam .com. |
SARDINIA 2004 |
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C’est mon quatrième séjour dans l’auberge Fiore di Maggio qui héberge le centre de plongée Prodive à Villasimius , le troisième avec l’Xpedition Team. L’endroit est un paradis de la plongée pour tous les niveaux. Comme toujours ce fût une aventure humaine et sous-marine qui vous permet de côtoyer des plongeurs hors pairs, aux qualités humaines et aux compétences exceptionnelles, mais qui savent rester modestes face aux autres et humbles face à la mer. Un tel regroupement ne peut se concevoir qu’avec l’expérience et les talents d’organisateur d’Aldo Ferrucci. Je ne sais par lequel commencer pour vous les présenter. Peut-être par ceux que j’ai découvert lors de cette expédition. |
| Dave Thompson, personnalité illustre du monde de la plongée technique puisqu’il est l’inventeur du Buddy Inspiration et source continue d’améliorations techniques et sécuritaires sur les procédures et les matériels pour circuits fermés. John Dryden, plongeur CCR de grande expérience, binôme de Dave lors de nos plongées à Villasimius, partage sa gentillesse et sa passion pour le vrai monde du silence. Un autre passionné aux talents multiples, brillant biologiste, photographe sous-marin d’exception, pionnier de la plongée en circuit fermé en France, membre de l’équipe d’Ushuaïa Nature, Laurent Ballesta distribue avec beaucoup de disponibilité et d’enthousiasme ses connaissances et son expérience de la vie sous-marine. Son ami, Jean Marc Belin, plongeur spéléo et plongeur d’épaves, bien connu en France pour ses explorations, son enseignement et son site Plongeesout qui tient à jour les avancées en plongée souterraine et en techniques de décompression. Jean Marc vient de publier avec la FFESSM un ouvrage sur l’initiation à la plongée souterraine. |
| Venus d’Outre-Rhin, Karin et Michael Klemm, Helmut Biechl, instructeurs Inspiration ; d’Italie, Riki Sagi et Roberto Bordin viennent mettre en pratique leur récent cours trimix CCR organisé par Aldo; de Pologne, Patricia et Adam Wysoczański, pionnier de la plongée technique en Pologne, présent à La Ciotat en avril 2004, responsable du centre Diving Extreme ; et de France, Pierre Falcot, plongeur professionnel accompagne Jeroen Biersteker qui a déjà participé aux expédition sur les épaves profondes de Bormes-les-Mimosas en avril 2003 et également sur les épaves de La Ciotat en avril 2004. Philippe Cathiard a lui quitté son lac du Bourget et son école de plongée Savoie Plongée, avec son Inspiration ; nous fûmes binôme sur les épaves profondes. Lisenka Box et Paul Hendriks ont eux rejoint le bateau des hollandais plongeurs avec ceux que vous connaissez déjà : Patrick Box, Vera et Tom Jaspers, responsables de l’école de plongée technique Trimix.net . |
| Les autres anciens : Roberto Rinaldi, ancien photographe et plongeur de l’équipe Cousteau, Penny Glover, britannique, instructeur Inspiration, Jules toujours le seul moniteur intergalactique en poste sur la Terre, Stefano Bianchelli, Andrea et Simone, du centre de plongée Prodive qui a assuré notre logistique pour la troisième année consécutive. Ce fût un grand plaisir de partager ces quelques jours subaquatiques avec une telle équipe. |
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| Je suis arrivé seul cette fois-ci, Eric ayant été retenu au dernier moment par son travail. Mon matériel a été gracieusement transporté par Exapack jusqu’à Cavalaire où Aldo et Jeroen l’ont réparti dans leurs fourgons. Le grecale bien ressenti à Rome lors de l’escale le samedi m’inquiétait. En fait c’était le mistral qui gênait les plongeurs depuis la veille à Villasimius. Une partie de l’équipe présente sur le site dès le jeudi a du se rabattre le vendredi et le samedi sur le Marte, relativement protégé des vents de secteur nord. Les soixante mètres de profondeur de cette épave permettent des temps de fond entre 45 minutes et une heure, inenvisageables quelques années plus tôt en circuit ouvert. Cette année, nous serons 17 plongeurs en circuit fermé pour les plongées profondes (Aldo, Roberto R, Stéphane, Dave , John, Penny, Tom, Vera, Michael, Helmut, Patrick, Paul, Philippe, Riki, Roberto B, Jean Marc, Laurent). Deux ans auparavant, j’étais le seul, quelle évolution ! Deux autres plongeurs circuit ouvert seront également parmi nous pour les profondes : Pino et Adam, en binôme. Le menu des épaves profondes a été gastronomique : Marte deux fois (65 m), Loredan deux fois (65 m), Bengasi deux fois (93m) toujours le clou du spectacle, Isonzo (55 m), Valdivagna (73 m), San Marco (108 m) impressionnante. Stefano, Andrea, Simone et Jules assuraient notre sécurité. |
| L’après-midi se retrouvaient Karin, Patricia, Jeroen, Pierre, Athena et Lisenka pour les explorations dans la zone des 40 mètres : Cavoli, Santa Caterina, épave du Romagna, Serpentara, magnifiques sites à proximité du centre Prodive. Certains plongeurs du matin se joignaient également à ce groupe pour une deuxième plongée. Passé le mistral du premier week-end, la météo fût estivale et les condition de plongée fantastiques, inespérées : pas de mer, pas de courant, excellente visibilité. Rien à voir avec l’an passé et les immersions sur le San Marco par un nœud et demi de courant ! Cette année les lignes de mouillage sont verticales. Quel bonheur ! Aucun incident à déplorer : aucune douleur ni sensation curieuse, aucun bend ni trouble vestibulaire et pourtant les temps de fond s’allongent … 25 à 30 minutes dans la zone des cent mètres. La météo et les conditions clémentes y sont peut-être pour quelque chose (pas de traction sur la barre de déco lors des paliers, pas d’effort pour descendre, …), de même que l’usage quasi général du VR3 avec son algorithme pour le moins sécuritaire. Même deux plongées par jour pour certains, dont une première à cent mètres n’ont pas réussi à le mettre en défaut. |
| Les soirées furent occupées par la projection des films et des diapositives des années précédentes et également par un diaporama exceptionnel de Laurent Ballesta sur la vie aquatique en Languedoc, des sources à la mer. Grandiose ! Je conseille vivement d’acheter le livre qu’il publie « De le source à la mer – voyage subaquatique » (disponible sur amazon.fr ou s’adresser à Laurent). Quelques semaines plus tard, avec ces photos et d'autres prises dans le Pacifique, Laurent a reçu pour la troisième année consécutive la Palme d'Or au Festival Mondial de l'Image Sous Marine à Antibes . |
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| Et comme toujours une petite anecdote, qui illustre la survenue régulière d’imprévus et la nécessité de réfléchir vite lors de telles plongées. Première descente sur le Bengasi avec Philippe. Je prends mon caisson Subal avec le Coolpix 5000 dedans pour tester l’éventuelle fonctionnalité de l’ensemble à 90 mètres. Comme d’habitude je descends avec un set-point de 0,5 pour passer au fond à 1,1 puis à 1,3 en manuel lors de la déco. A partir de 60 mètres je marque un petit temps d’arrêt tous les dix mètres pour vérifier le bon fonctionnement du caisson. Philippe est lui déjà sur l’épave qu’il découvre pour la première fois. A 60 mètres déjà certaines fonctions du caisson sont devenues inaccessibles. A 80 mètres j’ai du mal à voir les commandes et j’entends comme un tintamarre de fêtes foraines. J’arrive sur le franc-bord du Bengasi (85 m) et je vérifie l’étanchéité du caisson : pas d’eau dedans. J’éteins et rallume le caisson pour débloquer le déclencheur et essayer de prendre une photo de Philippe. Toujours les cloches de la fête. Par réflexe et sans contrôler, je pousse le bouton de mon contrôleur principal pour augmenter la Ppo2 à 1,1. Je n’entends pas le solénoïde mais toujours cette musique de fond et le Bengasi qui prend une teinte franchement rose ? Je descends un peu pour cadrer Philippe dans l’écran LCD du caisson mais j’hésite. Lequel choisir ? On ne peut le rater avec son vêtement sec jaune mais maintenant ils sont deux ! Curieux. J’étais sûr qu’il n’y en avait qu’un au départ. Bon j’en choisis un que j’essaye de cadrer mais j’ai du mal à voir même le caisson. Tiens j’ai maintenant un goût étrange dans la bouche, venu d’ailleurs, l’impression de sucer une pièce métallique, qui me rappelle quelques expériences 20 ans plus tôt. J’ai compris : hyperoxie ! J’effectue un grand rinçage sans perdre le temps de vérifier mes contrôleurs. La musique que j’entendais c’était leur bip continu. Le rinçage ne les réduit pas au silence et j’ai du mal à me concentrer maintenant sur leur affichage, je m’endors. Je lis tout de même avant de fermer l’œil : 1,80. P… je suis à l’air ! Ca doit être ce nouveau switch que j’utilise pour la seconde fois que j’ai du oublier de remettre en position gaz fond. Inutile de tourner la position de mon embout sur circuit ouvert puisqu’il est relié au même gaz que celui de l’inflateur du faux-poumon sur la clarinette moyenne pression. J’attrape le switch sur ma ceinture à gauche et enfonce sauvagement le piston vers le bas puis recommence un rinçage. Je me réveille, libère le détendeur de mon bail-out fond, la PpO2 se réduit progressivement à 1,1 bar. Je reste sur le circuit fermé. La musique foraine s’éteint. J’arrive à lire correctement les contrôleurs et le VR3 : douze minutes de plongée … sueurs froides. Bon on reprend la séance photo, les deux Philippe ont fusionné et il est bien cadré dans l’écran. J’essaie d’appuyer sur le déclencheur mais celui-ci est déjà enfoncé par la pression, comme d’ailleurs toutes les touches du caisson. Pas prévu pour ces profondeurs manifestement. J’éteins tout et finis la balade en survolant les cales du Bengasi et surveillant mes contrôleurs. J’abrège le temps de fond et vers vingt deux minutes je remonte en retrouvant Philippe. J’appuie sur l’inflateur de ma stab pour gagner un peu en flottabilité mais rien ne sort. Mes rinçages énergiques « à l’air » à 90 m ont vidé ma trois litre d’air sur laquelle sont connectés la stab et le vêtement sec. Je rajoute un peu de diluant dans mes faux poumons et je commence ma remontée en flottabilité légèrement positive. Avec la réduction de la profondeur la stab et l’étanche reprendront du volume et évidemment il faudra purger. |
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L’analyse révèle comme toujours un cumul de négligences coupables : - tester deux modifications nouvelles lors de la même plongée : le switch et le caisson en profondeur. A proscrire. Une modif à chaque fois, pas plus ! La surveillance et les manipulations du caisson m’ont détourné des précautions de contrôle les plus élémentaires ; - absence de contrôle régulier de la Ppo2 lors de la descente et au fond lors du passage au high set-point ; - utilisation d’un nouveau matériel (switch) non encore bien intégré dans la phase de concentration-vérification pré-plongée. |
| Il y a plus de quinze ans que je n’avais pas fait de plongée à 90 mètres à l’air. C’était en Martinique sur le Tamaya et le tombant derrière. Je n’ai plus le même âge et je m’étais juré (et à d’autres) de ne jamais recommencer. Cette récidive involontaire se termine bien mais a posteriori fait froid dans le dos. Jamais je n’avais été « anesthésié » autant par l’azote. Après plusieurs années et plusieurs centaines d'heure en circuit fermé l'apparente facilité et la négligence me rappellent à l'ordre de la vigilance. |
| J’ai bien sûr intégré désormais dans ma check-list pré-plongée de vérifier la position du switch. Je ne suis pas certain de le conserver. Je me demande également si je ne vais pas connecter directement le deuxième étage intégré dans mon embout sur le premier étage du diluant fond et non pas sur la barre moyenne pression. Keep It Simple Stupid, n’est-ce-pas Gordon ? |
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Stéphane Havard Octobre 2004 |
SARDINIA 2004 |
I slutändan är det skönheten som räknas
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