SEMAINE CIRCUIT FERMÉ À SAINT-PIERRE

 

MARTINIQUE REBREATHER WEEK - FWI

   
   

WATALIBI

Septembre 2006

   
   

 

   

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RECIT / STORY RORAIMA 1

RORAIMA 2

TAMAYA 1

TAMAYA 2

         
  TEAM 1   TEAM 2  
         

 

Mercredi 12 juillet 1989. Plein soleil. Après une heure de navigation sur la yole du CSM qui a remonté la côte caraïbe de La Martinique nous arrivons en baie de Saint-Pierre au dessus du point supposé du Tamaya. Les amers nous ont été fournis par un de ceux qui connaissent le mieux cette épave, Jacques-Yves Imbert du club La Galère à Saint-Pierre. Je descends avec Jean François R , dit Iouri. Nous nous entraînons ensemble depuis des semaines pour cette profonde. Au cours de ces plongées mémorables "d'entraînement" nous croiserons par plus de 80 m en pleine eau un magnifique espadon au large de la pointe des Nègres. Une autre plongée nous verra aspirés vers le fond par un courant descendant, bien au-delà de la profondeur du Tamaya. Plusieurs plongeurs tentés par cette épave ont successivement renoncé au cours de notre entraînement pour des raisons variables :  vertiges à 90 mètres, perte de connaissance à 85 mètres en pleine eau qu'il a fallu remonter avec heureusement réveil vers les cinquante mètres, froid aux paliers, narcose avec troubles de la vue, chant des sirènes, accident de décompression sur une épaule ... Nos bi "deux fois 12" gonflés à l'air sont bricolés, à peine tenus ensemble par de la ficelle à bananes. Les Fenzy vieillissantes, gonflées à fond, ont du mal à nous maintenir en surface. Nos grandes palmes de chasse les soulagent un peu. Quinze jours plus tôt, notre dernière tentative de plongée sur cette épave s'était soldée par 12 minutes d'exploration d'une vase grise entre 80 et 85 m de fond. Puis les paliers de la table GERS 65 que rapidement nous connaîtrons par coeur : 3-3-14-35. Une heure de déco à l'air pour une quinzaine de minutes au fond. Cette fois ci sera la bonne et 17 ans plus tard mon carnet de plongée raconte : "Carcasse triste couchée sur tribord sur un fond de sable près d'un tombant. Magnifiques mâts partant du pont. Palmage aller retour de la poupe à la proue. Narcose légère avec ouin-ouin à la fin." Il y aura d'autres Tamaya dans les semaines qui suivent même si la narcose était en effet beaucoup plus présente que ne le l'indique ce présomptueux résumé. Et oui, tout ceci est malheureusement et stupidement vrai. Fort heureusement les dieux des profondeurs et de la narcose ne prélèveront pas leur tribut parmi ces jeunes prétentieux inconscients qui osaient les défier régulièrement.

 

2006. Le rêve de revenir sur le Tamaya ne m'a jamais quitté. Presque deux décennies se sont écoulées. Nos méthodes et notre équipement de plongée se sont progressivement transformées : oxygène pur aux paliers puis nitrox, giclette d'hélium dans les mélanges fond puis vrai trimix, formations américaines à la plongée technique, recycleurs semi fermés puis circuits fermés à gestion électronique de la PpO2 constante, sondeurs couleurs, GPS sirf III. Mais la passion est restée identique, juvénile, conduisant aux plaisirs subaquatiques originels, ceux des premières plongées et des premiers émerveillements. Organiser de métropole une expédition en circuit fermé sur les épaves de La Martinique n'est pas simple. J'ai d'emblée contacté Jacques-Yves qui maintenant s'occupe de son centre de plongée Papad'lo. Etant instructeur Buddy Inspiration il connaît les besoins propres aux circuits fermés. Néanmoins, présidant une structure associative il m'a orienté d'abord vers trois centres de plongée professionnels. D'aucun des trois nous avons reçu une réponse positive pour nous accueillir. La logistique des gaz et les circuits fermés les inquiètent. Nous sommes donc revenus vers Jacques-Yves qui a bien voulu nous aider à organiser ce voyage. Son aide fût précieuse, ainsi que celles de nombreux intervenants martiniquais sans lesquels ces plongées n'auraient pu avoir lieu (voir les remerciements à la fin du récit).

 

22 septembre 2006. Orly Sud. Le vol d'Air Caraïbes est à 12h55. Nous nous retrouvons tous dans le hall d'enregistrement vers 10h30. Les sept plongeurs et les accompagnateurs arrivent de Bretagne (Sylvain), de la Côte d'Azur (Aldo), de la Région Parisienne (Eric et moi-même), d'Italie (Athena) et d'Angleterre (Colin et Ian).  Nous emportons avec nous sept recycleurs circuit fermés et leurs blocs respectifs de deux ou trois litres, les lyres, pieuvre de gonflage, manodétendeurs hélium et oxygène avec leurs raccords, stick de gonflage, analyseur de gaz et tout le matériel du parfait plongeur trimix CCR : 518 kg à enregistrer ! Heureusement nous sommes largement en avance et il n'y a pas de queue au guichet. L'accueil des hôtesses d'Air Caraïbes est souriant et chaleureux : nous ressentons déjà la douceur et le charme des Antilles. L'enregistrement des nombreuses valises, des caisses et des sacs de plongée prend tout de même un temps certain. Le paiement du surplus de bagage à un tarif très préférentiel s'effectue rapidement mais ensuite deux d'entre nous sont appelés à la sécurité pour ouvrir leurs bagages. L'aspect au scanner des blocs de plongée de 3 litres et des cylindres des canisters intriguent les inspecteurs. Les bagages mis de côté sont alors ouverts, les blocs sortis juste pour vérifier leur vacuité et nous expliquons rapidement l'utilité des pièces suspectes. Tous ces examens s'effectuent dans le plus grand calme et avec la plus grande courtoisie de la part de l'inspectrice, elle aussi antillaise. Il nous reste alors peu de temps avant l'embarquement puis le décollage dans un avion peu rempli, ce qui nous permettra une traversée de l'Atlantique des plus confortables.

 

A l'arrivée les deux petits bus de Christian et Jean-Louis envoyés par notre résidence Madi-Créoles, sont vite remplis par nos caisses et notre petit groupe. Nous prenons la route vers le nord de l'île et les embouteillages du vendredi soir dans la direction opposée, vers les plages du sud, nous laissent pantois et n'ont rien à envier à ceux du périphérique parisien les jours de départ en vacances. Les quarante cinq minutes de trajet nous laissent le loisir d'apprécier les transformations de l'île en deux décennies. Les routes sont bien meilleures mais les constructions d'habitation ont poussé partout sur la verdure et  sur le littoral, favorisées par des mesures de défiscalisation et par le retour sur l'île pour la retraite d'une génération de martiniquais qui travaillait en métropole. Je n'ose imaginer les changements que cela a apporté sur la côte sud et au petit village de pêcheurs de Sainte-Luce dans lequel j'avais vécu. Plus nous nous éloignons de Fort-de-France vers le nord et moins ces changements sont perceptibles hormis quelques lotissements à flanc de montagne près du bord de mer. Nous passons devant Madi-Créoles sans nous arrêter et continuons la route quelques minutes jusqu'au centre de plongée Papad'lo pour décharger notre matériel. Après 17 ans d'éloignement,  Jacques-Yves et moi-même nous nous reconnaissons immédiatement. Il nous a laissé la moitié du centre pour nous installer. Les bidons de chaux envoyés par La Poste  quelques mois plus tôt sont bien là à côté des quatre B50 d'hélium et d'oxygène de la SOMAL livrées quelques jours auparavant. Pour l'instant nous déposons juste les caisses et les sacs de plongée avant de repartir pour Madi-Créoles avec les bus.

 

Là aussi l'accueil est chaleureux et Brunette nous installe dans de confortables studios. Nous sommes face à la mer, au bord d'une petite plage de sable noir, au milieu des bougainvilliers et du chant des grenouilles.  Le décalage horaire et la faim commencent à se faire sentir et nous prenons place à la table du restaurant " 1643 " situé à une centaine de mètres de notre résidence. Planteurs et Ti-Punch donnent l'ambiance. Cuisine créole et bière Lorraine suivent. Nous sommes mûrs pour nous coucher alors qu'il est à notre horloge biologique près de 5 heures du matin. Quelques heures plus tard, la circulation matinale sur la route qui longe la plage devant Madi-Créoles réveillera les plus sensibles très précocement, mais après quelques nuits, plus personne n'y prêtera attention. La matinée suivante est consacrée en partie à la visite du magnifique marché de Saint-Pierre qui se tient le samedi. Toutes les couleurs et tous les parfums de la création s'y retrouvent dans une ambiance antillaise pittoresque, loin des hordes de touristes du sud de l'île. Aldo se mordra les doigts toute la semaine de n'avoir pas pris ce matin là son appareil photo. Le mien est déjà dans son caisson. Puis le montage des recycleurs, le gonflage des petits blocs et la préparation des blocs de secours nous occupera encore un peu jusqu'au déjeuner. Pour toute la durée du séjour le diluant sera du 8/62. Cela peut paraître un peu riche hélium, mais pour six jours consécutifs de plongées profondes et longues, moins on respire d'azote et donc plus on respire d'hélium, meilleure est la décompression et surtout la désaturation entre les plongées. C'est en tous cas mon humble avis. Même si les secours sont excellents à La Martinique et le caisson du CHU de La Meynard parfaitement outillé et géré par une  équipe très compétente, nous préférons nous en tenir le plus éloigné possible. Pour les plongées sur le Roraima le bloc de secours sera gonflé à l'air et pour les plongées plus profondes nous plongerons par palanquée de trois avec deux plongeurs équipés d'un bloc de secours gonflé au 12/40 et le troisième avec de l'air. Le narghilé d'oxygène sera toujours disponible au palier de 6 mètres.

 

Au programme de l'après-midi : le Roraima. C'était un navire à vapeur de transport de marchandises, de 120 mètres de long, sorti des chantiers Aitken and Maud de Glasgow en 1883 pour la Quebec Line. Comme toutes les épaves de la baie de Saint-Pierre, ce grand cargo de 1764 tonneaux a sombré lors de l'éruption historique de la Montagne Pelée le 8 mai 1902. Ce matin là, quelques minutes avant huit heures, l'enfer a jailli de la terre et consuma vingt huit mille habitants en guère plus d'une minute. Sous l'effet de l'onde de choc et de la chaleur la ville entière fût détruite. La surface de la mer se mit à bouillir. Tous les navires en rade furent  broyés par le choc, consumés par le feu, engloutis dans la fournaise.  Le Roraima brûla trois jours avant de couler. Sur les 46 hommes d'équipage et 23 passagers, seulement 21 personnes survécurent. Il repose depuis ce jour à trois cent mètres du rivage, entre 36 m de profondeur à la proue et 55 m à la poupe. Le grand pneumatique de Papad'lo mouille à quelques mètres du club. Il faut néanmoins porter le matériel à dos d'homme et la pente sous l'eau est raide. Nous établirons à chaque embarquement et débarquement une noria d'hommes entre le bateau où certains chargent et déchargent, pendant que les autres font les aller-retour avec la terre ferme à proximité du club. Une fois chargé il faut à peine une minute au moteur pour atteindre la bouée qui balise la position de l'épave. Le Roraima est accessible à la palme pour les motivés équipés d'un mono sur le dos. Avec un Buddy Inspiration sur le dos et un bloc de sécu, cela est beaucoup plus difficile et déraisonnable compte tenu de la durée de la plongée et des paliers.

 

L'eau est à 29°C à la surface et s'élèvera à 31°C les derniers jours de notre séjour. La saison n'est pas la meilleure pour la visibilité mais cela nous conviendra. Comme le dit Sylvain, c'est toujours mieux qu'en Bretagne. Nous descendons en trois palanquées pour une plongée qui va durer entre 40 et 50 minutes et autant pour la déco. Au 8/62 en diluant nous avons une profondeur narcotique équivalente à l'air d'une dizaine de mètres : toute la lucidité et le temps nécessaires pour profiter d'un tel monument immergé. Rien à voir avec les 18 à 20 minutes d'antan avec un 15 litres sur le dos. L'épave a été largement décrite dans de nombreux ouvrages aussi ne vous imposerai-je pas mes propres vues et constatations. Notre précurseur à tous, le commandant Cousteau, l'avait baptisée "L'Epave aux cheveux blancs" en raisons de la colonisation de la coque et des superstructures par de très nombreuses antipathaires, virgulaires et gorgones fouets. Cette colonisation s'est accentuée au cours des dernières décennies. Nous descendrons de nouveau sur le Roraima le lendemain, toujours pour trois quart d'heure de plongée sur cette épave qui ne finit jamais de se laisser découvrir. Après nos plongées sur le Roraima nous nous éloignons un peu de la côte et Jacques-Yves nous détaille les nouveaux amers du Tamaya. La série de poteaux en bois le long de la route au dessus de Saint-Pierre ayant été coupée par la DDE, mes amers sont caduques ! Dans le même temps nous étrennons son nouveau sondeur GPS qui repère sans difficultés l'écho du Tamaya et nous rentrons sa position. Désormais même sous la pluie nous pourrons le retrouver.

 

Cette précaution judicieuse s'avéra prémonitoire car le lendemain s'est arrêtée par un  hasard moqueur, juste au dessus de Saint-Pierre, une "averse tropicale" antillaise; en clair : un déluge. Nous chargeons le matériel sous des trombes d'eau et nous dirigeons vers le point du Tamaya fraîchement rentré dans le GPS. L'air et l'eau restent chauds. Les chapeaux se transforment en parapluie. Sylvain nous positionne pile sur l'écho et nous jetons à l'eau un fragment de socle d'ancre prolongé par une centaine de mètres d'un bout que nous avons fabriqué en triplant de la ficelle à bananes. En surface, un bidon de chaux vide sert de bouée.  La terre pourtant toute proche n'est pas visible. Aldo descend avec une première palanquée. Arrivé au fond il fixe le bout à l'épave et libère un parachute qui nous indique que nous pouvons accrocher le pneumatique au bidon. Puis nous mettons en place le narghilé d'oxygène au cas où. Une heure plus tard, la pluie s'est un peu calmée et lorsque la première palanquée arrive au palier de six mètres, nous nous mettons à l'eau à notre tour. Sans soleil, l'ambiance est sombre et en atteignant le fond nous faisons  face à un courant qui ralentit notre descente. Puis la voici qui surgit de l'obscurité, massive, majestueuse, nonchalamment vautrée sur son flanc tribord, regardant vers la côte et présentant sa croupe plate et élancée aux habitants du large qui pourraient remonter le tombant qu'elle surplombe et qui en vain, depuis plus d'un siècle, essaye de l'engloutir dans les profondeurs d'un autre océan inaccessible au petit monde des plongeurs. Mais elle résiste, s'accroche au sable pour conserver cette faible lumière du soleil qui lui parvient et qui la maintient en vie, dans la vie qu'elle héberge et dans le monde des hommes, même si les rencontres sont rares. Aujourd'hui nous sommes six à lui rappeler que son histoire intéresse encore et même passionne quelques hommes qui à leur tour ont traversé l'océan pour lui rendre une nouvelle visite.

Le Tamaya était un trois mâts barque* en fer de 49 mètres de long (459 tonneaux) construit en 1862 aux chantiers de Liverpool. Il appartenait à l'armement  Rozier de Nantes et disparut également le 8 Mai 1902 sous les nuées ardentes de la Montagne Pelée. Il engloutit avec lui son capitaine, Théophile Mahéo originaire de l'Ile aux Moines et ses douze hommes d'équipage. Longtemps méconnu, il fût découvert en 1983 par les sondeurs du bâtiment de la Marine Nationale "D'Entrecastaux". Depuis il a été largement exploré par les plongeurs de Saint-Pierre : Michel Météry, Jacques-Yves Imbert, Max Dalet et bien d'autres. Avant notre immersion j'ai une  pensée pour Max qui a effectué plus de cent vingt plongées sur cette épave mythique de La Caraïbe lors de son séjour à La Martinique. C'est un peu "son" épave. Nous avions préparé ensemble le brevet d'état sous la houlette de Paul Dubreuilh responsable alors de la plongée à la DDJS de Fort-de-France. Paul nous a quittés il y a quelques années et Max a fini par repartir pour son Aveyron natal, rappelé par ses fonctions à l'Education Nationale.

Aldo a accroché le bout à l'intérieur de la proue. Nous découvrons donc d'abord son air insolent, narquois, couchée sur le sable certes, mais la tête  bien droite, encore fière, inspectant ses visiteurs et faisant mine de les ignorer. Le revêtement de bois a disparu, brûlé puis digéré par les tarets et autres organismes sous-marins. Les barrots d'acier persistent, qui maintiennent la forme de la coque, telle une enveloppe de côtes protégeant des entrailles maintenant disparues. Mais tous les plongeurs d'épave vous le diront, l'âme d'un navire ne l'abandonne pas quand il sombre et les plongeurs donnent une nouvelle vie à ces témoins d'un passé pas si lointain qui nous rappelle à l'éphémère et à la modestie. Elle se fatigue tout de même la vieille dame, le grand mât encore planté au milieu du pont il y a quelques années, repose maintenant sur le sable qui absorbe lentement les nids de pie. Les canyons se creusent comme des rides profondes dans le sable sous son flanc et augmentent la menace de la chute vers les grands fonds. Lors de mes dernières plongées à l'air sur cette épave le tombant m'avait semblé beaucoup plus éloigné et surtout beaucoup plus riche en vie. Il est en fait d'un gris uniforme et froid, désertique, quasi lunaire. La poupe, presque au dessus du vide, est somptueuse, et son safran horizontal qui évoque plus une aile d'avion, est recouvert d'une vie à laquelle nos flash redonnent toute sa couleur rouge chatoyante. Sorties des profondeurs, des bancs de carangues  nous cernent à quelques dizaines de centimètres et nous tournoient autour pendant de longues minutes. Nous avons une profondeur équivalente à l'air de l'ordre de vingt mètres. L'esprit occupé par le caisson, les flash et la prise de photos je ne pourrais explorer l'épave autant que mes compagnons qui sont descendus "les mains dans les poches". Il nous faut presque 25 minutes pour palmer lentement autour de l'épave qui mesure 49  mètres de long ! Le franc-bord bâbord culmine à -78m et le fond est à -85m. Je peste contre la fixation de mes bras de flash sur les poignées du caisson : une vraie m... et je finis mes photos en tenant un bras de flash à la main pendant que l'autre pendouille sous le caisson. Il faudra que j'en parle au revendeur A.... Puis plus d'une heure de déco va suivre le long de nos ficelles à bananes réunies et régulièrement ligaturées par du gros scotch orange de chantier. A la sortie le déluge s'est momentanément interrompu et la côte se découvre enfin. Trois minutes plus tard nous sommes devant le centre de plongée et nous déchargeons l'équipement.

L'eau du rivage est devenue boueuse et charrie toutes sortes de déchets en plastiques qui flottent à la surface et qui lentement sont poussés vers le large sous l'effet  des rivières apparues avec la pluie. Jacques-Yves nous donne l'explication : les lits asséchés des ravines servent de déchetteries à ciel ouvert à de nombreux martiniquais et les grandes pluies les "nettoient" en convoyant vers la mer tout ce qui s'y trouvent. Glauque ! Un peu d'éducation écologique et d'hygiène pour la sauvegarde du patrimoine naturel est encore nécessaire. Espérons que ses effets se feront sentir rapidement chez les jeunes générations. Malheureusement on peut tenir les mêmes propos pour les forêts de métropole. Au cours du dîner nous célèbrerons notre plongée sur le Tamaya avec les Pina Colada du "Beach Grill" sur la plage du Carbet. Avec Jacques-Yves et Joël Espinasse venu nous retrouver, nous discuterons de l'évolution de la plongée à La Martinique, des difficultés à y mettre en place même le nitrox et de l'absence d'intérêt chronique que portent les martiniquais à leurs richesses sous-marines.  Joël n'a pas quitté l'île depuis 1988. Je l'avais aidé dans son premier club à Sainte-Luce : "Evasion Caraïbes". Son métier de professeur d'EPS le garde en forme et il s'occupe maintenant d'un club de plongeurs résidants sur l'île.

 

Puis il y eut de nouveau le Tamaya, sous un ciel plus clément qui deviendra même vite magnifique et le restera jusqu'à la fin de notre séjour. Puis les Canyons de Babodie, le tombant de l'Ilet La Perle, d'une beauté exceptionnelle, où nous croiserons lors de notre déco les palanquées du "Planète Bleue" de Michel Pivette. Les tortues jaunes de plastique se mêleront aux tortues imbriquées de la nature, pour la plus grande surprise des plongeurs en circuit ouvert. Sept jours sur place, six jours de plongée, aucun problème. Ayant à peine eu le temps de nous accoutumer au climat et au décalage horaire, et enchantés par l'accueil de Saint-Pierre et par nos plongées, nous serions tous bien volontiers restés au moins une autre semaine. Vous l'avez compris j'adore La Martinique et ce retour dans ses eaux fût pour moi comme un pèlerinage seize ans après mon départ. J'espère bien y retourner sans attendre aussi longtemps. Le succès technique et humain de cette première "Semaine Circuit Fermé de Saint-Pierre" m'incite fortement à y organiser un autre séjour d'une plus longue durée.

 

 

 
 

* Il est souvent écrit que le Tamaya était un trois-mâts carré, néanmoins la photo du livre de M. Métery, si elle montre bien le Tamaya comme l'indique la légende, est celle d'un trois-mâts barque. Ou alors la photo n'est pas celle du Tamaya ? Quelqu'un a des infos ?

 

 
REMERCIEMENTS
 
Je tiens à remercier très chaleureusement tous ceux qui m'ont aidé à organiser ce voyage et sans lesquels de nombreuses difficultés m'auraient paru insurmontables.
 

Bien sûr Jacques-Yves Imbert qui a mis notre disposition son centre de plongée Papad'lo et sa connaissance des épaves de la baie de Saint-Pierre. Alejandro Gonzalez également de Papad'lo qui m'a fourni des informations utiles avant notre départ.

 

Air Caraïbes qui nous a offert des tarifs très préférentiels sur les vols et sur les kilos de bagages supplémentaires. La gentillesse et la compétence du personnel dans les aéroports nous ont apporté une grande aide à l'enregistrement de nos places et de nos cinq quintaux de bagages. Cette gentillesse n'est pas celle apprise dans les écoles d'hôtesse de l'air mais celle de l'authenticité antillaise. Le confort de leurs avions et le professionnalisme du personnel navigant n'est plus à encenser.

 

Mr Jacquet de la Société Martiniquaise de l'Air Liquide (SOMAL) qui nous a beaucoup facilité la tâche pour l'obtention des B50 d'oxygène et d'hélium et qui nous a trouvé un transporteur pour nous les livrer directement à Saint-Pierre.

 

Brunette qui gère la Résidence Madi-Créoles et qui s'est occupée de nos transports entre l'aéroport et la résidence, ainsi que de la location des deux voitures. Elle s'attacha avec efficacité à rendre notre séjour des plus agréables et à me faciliter l'organisation du séjour.

 
Jean-Louis et Christian, nos chauffeurs de bus, souriants, ponctuels et efficaces avec les bagages.
 
 
 
Stéphane Havard - Septembre 2006
 
 
Lectures conseillées, passionnantes, sur les épaves, la vie à Saint-Pierre et l'éruption de 1902.
 

1- " Les épaves du volcan ". Claude Rives et Frédéric Denhez. Glénat 1997. Avec la participation de Jacques-Yves Imbert.

 
2- " Tamaya ". Michel Météry. 1984 - Nouvelle édition par Institut océanographique, juillet 2002.
 
 
Centre de plongée dans le sud de l'île : Planète Bleue de Michel Pivette.

 

   

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RECIT / STORY RORAIMA 1

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TAMAYA 1

TAMAYA 2

         
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Colin Ayres (Inspiration)   Stéphane Havard (Inspiration)
Athena Barbera (Evolution)   Jacques-Yves Imbert (Inspiration)
Eric Bastard (Evolution)   Sylvain Lespargot (Inspiration)
Aldo Ferrucci (Megalodon)   Ian Wood (Inspiration)
     
     
     
     
     

 

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